Fernand Martin, marque FM France, 1878-1919

Fernand Martin, marque FM

1878-1919

               photo colorisée par Pasky
Originaire d'Amiens, il crée son entreprise de jouets mécaniques à Paris en 1878. Ses premières créations en tôle peinte représentent des petits personnages animés inspirés des scènes de la vie parisienne (le balayeur, la marchande de primeurs, le pompier à l' échelle). Les modèles sont réalisées en fer-blanc, recevant un mécanisme, et habillés d' étoffe. Son entreprise prend un essor considérable et les jouets ou bonhommes "Martin" sont récompensés dans les foires et salons. A la mort de Martin en 1919, son stock est repris par Victor Bonnet. La marque des jouets Martin est FM. 


Les bonshommes Martin vendus sur les grands Boulevards vers 1900

Il est indispensable de distinguer quatre périodes pour bien comprendre l'évolution de la maison.

¨ Première période de 1878 à 1895: Les débuts, les articles en métal, les jouets non numérotés.

¨ Deuxième période de 1896 à 1912: les Bonhommes MARTIN, les jouets en métal habillés,

¨ la nouvelle usine la nomenclature.

¨ Troisième période de 1913 à 1918: la direction de Georges Flersheim

¨ Quatrième période de 1919 à 1965/ La direction de Victor Bonnet.



Le jouet mécanique, invention bien française Il vous a souvent amusé. Vous l’avez regardé en passant, un instant, alors qu’un camelot, plein de  verve, ayant actionné son ressort intérieur, le fantoche, animé d’une vie étrange, gesticulait sur le bitume du trottoir. Et vous avez souri, arraché pour une minute ux préoccupations de la vie. Puis vous avez pensé en reprenant votre chemin : « Est-ce assez drôle…nos ouvriers parisiens sont vraiment très ingénieux ! Que n’arrivent-ils pas à faire avec de vieilles boîtes de sardines ! Car la commune erreur, journellement commise par les profanes, veut que la vieille boîte à sardines, ramassée par les « biffins » sur les tas d’ordures, subvienne à tous les besoins du fabricant de jouets automatiques. De même on croit que ceux-ci sont fabriqués par de petits façonniers, inventeurs habiles, ouvriers adroits, sachant varier leurs effets, s’inspirer de l’actualité… et faire ainsi leurs affaires. En réalité, et quoi qu’on en dise, le jouet mécanique est l’œuvre d’un seul homme. C’est Mr Fernand Martin, en effet, qui le premier créa le jouet mécanique à bon marché et donna ainsi du travail à toute une corporation d’ouvrières et de marchands. Comme Jules Verne, ce grand amuseur des enfants est né à Amiens le 29 avril 1849. C’est un homme tout rond, énergique, sympathique. –Tout gamin dit-il, j’étais déjà fabricant de jouets. À neuf ans, je fabriquais avec de petits bouts de ressorts de voilette, des baguettes et du fil, des arbalètes dont la détente était une épingle tordue, et qui vous envoyaient une allumette à trois mètres de là. Merveilleux jouets ! Je les vendais un sou à mes camarades de classe. Fabricant, commerçant, j’avais la vocation et je prouvais, à telle enseigne que, plus tard, la tentation me vint de fabriquer des jouets. Je devins fabricant de fleurs artificielles et pendant pas mal d’années, je fis et vendis des roses, des violettes et des coquelicots en tarlatane. Un beau jour, ma marotte me reprit aux environs de 1875… Mes premiers essais ne furent pas heureux. Le mouvement d’horlogerie n’était pas abordable vu son prix élevé. Le caoutchouc tordu….c ‘est moi qui beaucoup plus tard, songeai à l’utiliser comme moteur… Bref, ça ne marchait pas. C’était trop compliqué et trop cher. Enfin, en 1878, je vendis le brevet d’un poisson nageur, actionné par un caoutchouc tordu et ce fut là le commencement de ma fortune. Je fondais ma fabrique en 1880…Et quelle fabrique ! J’occupais douze personnes. IL est vrai  que huit ans après mes débuts, j’employais parfois jusqu’à trois cents ouvriers… Puis la fabrication après beaucoup de déboires, s’est régularisée. Au lieu de travailler par à-coups, en faisant des  journées de quinze heures, o, s’occupe d’un bout de l’année à l’autre. Ma première locomotive marchand sur route était actionnée par un volant en plomb dont l’arbre, frottant à friction sur les deux roues arrière, faisait avancer la machine….Mon petit garçon livreur avec jambes mobiles marchait de la même manière. Eh bien ! Vous me croirez si vous voulez ; en décembre 1888, quand je le lançai, on dut avec l’aide de la police, établir un service d’ordre à ma porte et donner des numéros aux acheteurs ! On se l’arrachait !

Les ateliers et les ouvriers

Situés au 88 boulevard de Ménilmontant à Paris, ils occupent trois vastes corps de bâtiments. Le métier n’est pas très difficile : les machines font à peu près tout ; mais il reste à « finir » le jouet, à le présenter, à le fignoler, à l’habiller, et pour cela l’ouvrière parisienne  est d’une habilité incomparable. Je dis l’ouvrière, car la main d’œuvre féminine est presque entièrement employée dans l’industrie du jouet mécanique à bon marché…. Seuls, les moteurs à mouvement d’horlogerie, les pièces fondues et les pièces soudées sont agencées par des hommes.

La fabrication

Le fer blanc et le fer noir employés dans la fabrication du jouet mécanique à bon marché sont laminés en lames fort minces. Le fer est d’abord découpé à la cisaille en morceaux d’égale grandeur qu’en argot on nomme « flans ». Les feuilles de fer blanc sont portées aux presses. Là on les estampille, on les plie, on les perce, on les cambre, tout cela mécaniquement. Ici, on estampe les têtes, en deux morceaux. Là ce sont les mains. Plus lois, on frappe le corps du pantin mécanique…Toutes ces pièces isolées sont déposées  dans des paniers. Mais la transformation commence à peine : la jambe, généralement formée de fils de fer, est prise dans la masse de plomb fondu qui forme le pied ; il en est de même des bras. Parfois les bras n’existent même pas et les mains sont simplement collées au bout des manches. Reste encore, en effet le moteur qui donnera la vie et le mouvement. De quoi est-il fait ? D’un ressort d’acier de 30 cm, large de dix ou douze millimètres, d’une clé, de quelques engrenages, pignons et taquets. Le moteur pourvu de sa clef est enfin enfermé dans sa petite boîte. Pendant que les mécaniciens on ajusté ses diverses pièces, les soudeurs ont assemblé les têtes, séparées en deux morceaux, joint les pièces qui ne se peuvent pas agrafer, et passé le tout aux monteuses.

Le montage

L’outillage de la monteuse comporte un petit marteau, un poinçon aigu, une enclume minuscule. Toutes les pièces-ou presque- sont agrafées, ce qui permet d’employer le moins possible de soudures. Au moment du découpage des « flans » on réserve sur les côtés des pièces de petites languettes de métal. À chaque languette correspond soit une  encoche, soit un trou pratiqués dans le métal. Il s’agit simplement d’introduire cette languette dans le trou et de la rabattre.

Peinture et habillement

Les jouets sont confiés aux peintres. Les crânes enduits de colle sont saupoudrés de râpures de feutre et voila une perruque ! Les jouets sont livrés  aux habilleuses. Les  vêtements sont mi-cousus, mi collés.

Combien de pièces de métal découpé dans vos sujets

-Tout dépend du modèle…Voici l’un des sujets les plus compliqués le « pianiste virtuose », avec le piano, les candélabres, la partition et l’habillement, ce petit bonhomme comporte soixante-deux pièces et a passé par deux cent vingts mains.

Séraphin fernand MARTIN


Une vie toute entière dédiée à la passion des jouets mécaniques ! Originaire d’Amiens, autodidacte, Séraphin Fernand Martin est un personnage de roman. A neuf ans il fabrique de petites arbalètes avec des bouts de ressorts, des baguettes et du fil qu'il revend un sou à ses camarades ... Dès 1878, il dépose le brevet d’un poisson nageur actionné par un caoutchouc torsadé. Le succès inattendu de ce petit objet lui permettra d’ouvrir en 1880 sa première fabrique de jouets à Paris dans le 20ème arrondissement. L’industrie du jouet est alors complémentaire de celle de la ferblanterie. La découpe ou l’emboutissage d’ustensiles ménagers laisse de grandes quantité de chutes de fer-blanc que les fabricants de jouets vont exploiter pour sortir leurs premiers modèles en série.

Un travail simple mais inspiré

Fer-blanc et carton sont faciles à découper, faciles à estamper; Fernand Martin le sait : c’est une fabrication rapide et économique. Il va doter ses jouets de mécanismes simples d’horlogerie. Un seul but : prendre le contre-pied des productions sophistiquées des Roullet-Decamps et Lambert dont les automates, réalisés à la commande n’attirent qu’une clientèle aisée. Fernand Martin veut démocratiser le jouet mécanique en fabriquant des personnages populaires. Des jouets peu coûteux, souvent drôles, au mécanisme sommaire mais solide. Et, c’est important, à la finition délicate. Il tire son inspiration des actualités « Le vaillant Boer », sans numéro, 1900), du spectacle («L’ours Martin» n°193, 1903) et surtout du patrimoine social. Les « Bonshommes Martin » sont à la gloire des petits métiers disparus, de l’homme-sandwich à la concierge en passant par le livreur de tonneaux ou la petite marchande d’oranges. L’analyse critique de la société n’est pas très loin et certains modèles frôlent l’irrévérence, « Le pochard » n°172 bis , 1899, « L’éminent avocat »n°202, 1915 ... 

Un succès commercial

Une armée de représentants sillonnent le pays pour prendre les commandes, présenter les nouveautés dans des grands magasins comme « Le Printemps ». Habile, soucieux de son image, le fabricant soutient chaque nouveau modèle (4 par an) par de la publicité évènementielle dans les foires, française et étrangères, ou lors des Expositions Universelles. En 1888, ses marchés couvrent l’Europe, les Etats-Unis et même la Russie. C’est un petit automate de 18 cm qui viendra consacrer cette réussite : « Le Livreur» rapportera à la fabrique près d’un million de francs or ! Le succès est tel qu’on dut avec la police établir un service d’ordre à ma porte et donner des numéros aux acheteurs » racontera Fernand Martin (Petit Parisien, 1913).


 


1886 La danseuse de corde

1886 Les courageux scieurs de long

1887 Les fameux duellistes

1887 Les pompiers

1887 Le jeu de bascule

1888 Le livreur

1888 Les joyeux danseurs

1888 L’autruche

1889 Le cab (version sans mécanisme)

1889 L’écrevisse

1889 Le fauteuil roulant de l’expo universelle

1889 Le pousse-pousse anamite de l’expo universelle

1889 La grosse caisse de l’expo universelle

1889 La grosse caisse de l’expo universelle

Version sur roues

1890 La sauteuse de corde

1890 Le lapin vivant

1890 Le lapin vivant (roue sur le côté)

1890 Le diable en boîte

1890 Don Quichotte

1891 Les boxeurs

1892 La perruche (deux variantes de couleur)

1892 Le pêcheur à la ligne

1892 Le Shérif

1892 La charrette anglaise

1892 Le traineau russe

1892 La bicyclette

1892 Le courrier parisien

1893 La chaloupe à vapeur

1893 Le perroquet

1894 L’attelage flamande

1894 Le piocheur

1894 La course de taureau (version sans mécanisme)

1894 Le facteur de chemin de fer

 

 



 










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